Histoire du Tibet
par Pierre-Antoine Donnet,
journaliste et auteur de « Tibet, mort ou vif ».
Cette page est issue du site tibet-info.net et est complété au fur et à mesure que je trouve des infos.


Civilisation brillante, creuset d'une culture unique, le Tibet a connu grandeurs et splendeurs tout comme vicissitudes et dangers extrêmes au cours de son histoire mouvementée.

  • Les découvertes archéologiques situent les premiers peuplements du Tibet à la période mésolithique (12000 - 6000 av. JC).

  • La première grande étape de son histoire est le règne du roi Songtsen Gampo 33e de la dynastie des rois du Tibet (620 - 640 ou 650 suivant les sources) unificateur du Tibet. Il règne sur la vallée de Yarlung berceau de la nation tibétaine. Marié à une tibétaine, il épouse aussi quelques temps plus tard une princesse chinoise et une princesse népalaise et déplace sa capitale à Lhassa. Très vite, l'empire tibétain atteint le zénith de sa puissance étendant son influence jusqu'au Pamir, au Turkestan et au Népal.

  • 755 - Le bouddhisme est introduit au Tibet par le roi Trisong Detsen qui invite deux moines érudits indiens bouddhistes (pandits) à enseigner le Dharma à Samyé. Puis construire un monastère au même endroit et à former les premiers moines tibétains.

  • Le Tibet conclut un traité de paix avec la Chine en 821.

  • 838-842 - Les adeptes de la religion Bon (religion animiste) se révoltent contre les bouddhistes. Le roi Langdarma engage contre eux des persécutions.

  • IXe-XIe siècle - Déclin de l'empire tibétain, fragmentation du royaume et dissolution du bouddhisme. C'est l'âge noir du Tibet.

  • Fin du XIe siècle - Renaissance du bouddhisme au Tibet avec l'arrivé d'Atisha, Marpa, Milarépa et autres grands maîtres indiens.

  • Au début du XIIIème siècle, Gengis Khan a conquis la Chine. Le Tibet se soumet à son tour à la domination mongole en 1239 dont il se libère en 1350.

  • 1357-1419 - Le réformateur bouddhiste Tsongkapa fonde l'ordre des Gelugpa plus connu sous le nom de "Bonnets jaunes".

  • 1578 - Sonam Gyatso devient le IVe Dalaï-Lama. il règnera de 1617 à 1682. C'est lui qui ordonnera la construction du Potala sur une des colines dominant Lhassa.

  • 1626 - Des moines chrétiens en visite arrivent au Tibet pour une mission d'étude et d'évangélisation.

  • En 1652, le Vème Dalaï Lama se rend à Pékin. Entre le Tibet et la Chine s'établit une relation de « prêtre-patron » (Chö-Yön en tibétain). Le Dalaï Lama est guide spirituel de l'empereur chinois qui lui offre en retour sa protection temporelle.

  • En 1720, l'armée des Qing entre à Lhassa pour chasser les mongols. Les mandchous en profitent pour réorganiser l'administration tibétaine et imposer une « supervision » impériale. Des « ambans » représentants du trône de Pékin, stationnent à Lhassa. En 1792, l'empereur Qianlong envoit ses troupes à Lhassa expulser des envahisseurs népalais. Le Tibet est alors bien prêt de tomber dans l'orbite chinoise. La frontière entre indépendance et inter-dépendance est difficile à établir.

  • 1788-1791 - L'armée Népalaise envahit le Tibet et est repoussée par l'armée chinoise

  • 1855-1856 - Le Népal envahit de nouveau le Tibet et exige, pour sa suzeraineté, le versement annuel d'un tribut.

  • Après la mort de Qianlong en 1795, le Tibet regagne peu à peu sa liberté. En 1911, la dynastie chinoise des Qing s'effondre, la première République chinoise est proclamée. S'ensuivent 18 ans d'instabilité en Chine dont le Tibet profite pour chasser les chinois de Lhassa et proclamer son indépendance en 1913.

  • Le Tibet demeure de facto indépendant jusqu'en 1950, lorsque 80 000 soldats de Mao Tsé Toung se lancent à l'assaut. Mao contraint les tibétains à signer un accord en 17 points en mai 1951 où ils admettent la souveraineté chinoise sur le Tibet en échange d'une promesse de respecter un très large degré d'autonomie. Promesse très vite trahie...

  • Tandis que l'est et le nord-est du Tibet se soulèvent contre le présence chinoise, le Dalaï Lama se réfugie en Inde en mars 1959. Lhassa se rebelle contre l'occupant. La terrible répression qui s'ensuit marque le début d'exactions atroces perpétrées contre la population tibétaine, en particulier pendant la révolution culturelle (1966-1976). Le bilan précis de ces tourments reste à faire.

  • Il est établi que des centaines de milliers de tibétains sont morts du fait de la présence chinoise, déportés dans les camps de travail, poussés au suicide ou victimes de la famine.

  • La quasi totalité des 6000 temples et monastères tibétains ont été détruits et pillés. Une centaine ont été reconstruits et restaurés.

  • Après la mort de Mao Tsé Toung en 1976, le Tibet bénéficie d'une petite dose de tolérance, y compris religieuse.

  • Les émeutes anti-chinoise de 1987 marquent cependant un renouveau du nationalisme tibétain. D'autres émeutes ont lieu en 1988-89, toutes réprimées dans le sang, faisant des centaines de victimes et de très nombreuses arrestations.

  • Depuis, malgré une surveillance très sophistiquée installée à Lhassa, les manifestations continuent, mais sans le témoignage des journalistes étrangers qui ne peuvent plus s'y rendre.

  • La question du Tibet, longtemps oubliée, revient sur la scène internationale. En décembre 1989, le Dalaï Lama recoit le Prix Nobel de la Paix. Depuis il parcours le monde et il rencontre les « grands » de la planète auprès de qui il plaide pour la survie de son peuple.

  • Le temps presse car la sinisation du Tibet fait des progrès rapides et risque de bientôt détruire à jamais la civilisation tibétaine. Déjà les tibétains sont minoritaires sur leur propre sol, et la colonisation s'accentue de jour en jour...


La sauvegarde de la culture tibétaine dépend maintenant du monde extérieur.